A qui passer désormais la clef ? Une phrase malencontreuse lourde de sens et de sous-entendus… A l’Assemblée Nationale française, un député, parlant du Mali, l’a lâchée u cours du débat, mettant à nu les dispositions d’esprit et les desseins qui animent la France dans sa coopération avec notre pays.
Point de doute à cela, les réflexes colonialistes animent toujours les français dans leur Sacro-sainte coopération avec les pays africains. Qui sont considérés comme une propriété privée des terrains acquis dont on peut user à sa guise, et des filons d’espèces sonnantes et trébuchantes qu’on peut en tirer grâce aux ressources naturelles du sous-sol.
Etait-ce donc la France qui détenait la clef du Mali ? Si oui, qu’elle sache désormais que ce temps est révolu et qu’une nouvelle page est en train de s’ouvrir avec l’avènement d’Assimi Goïta et ce gouvernement de transition dirigé par Dr. Choguel Kokalla Maïga
Quand on a la clef d’une chambre, on en dispose à son gré sans être gêné par qui que ce soit, car elle notre propriété privée. Mais à l’analyse, ce député en question ne croyait pas si bien dire. Car depuis les indépendances jusqu’à nos jours, la race de présidents africains qui ont gouvernés nos pays ne sont que des suppôts de la France, des irresponsables incapables de décider quoi que ce soit sans recourir à l’Elysée. De simples pions de l’hexagone semblables à des gouverneurs de province. N’allons donc pas nous plaindre de cette France qui, jusqu’ici, n’a pu se défaire de la robe du colonisateur.
Qu’on en veuille plutôt à nos dirigeants qui se laissent mener par le bout du nez de crainte de perdre la sympathie et le soutien de l’hexagone.
Analysée sous un autre angle, la fameuse phrase peut prêter à polémique. Car on peut pousser plus loin dans un autre sens : qui relèvera la France dans la gestion de son parc à bétail de ces sauvages qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs nez ?
Oui, la phrase du député français peut aussi être interprétée ainsi. Car on n’a aucune considération pour le vassal, celui qu’on berne en l’exploitant, et qui obéit à la lettre à tous vos désidératas. Et pour finir, on n’éprouve que du mépris pour lui.
A quoi est dû cette mainmise sur l’Afrique ?
Il faut remonter plus loin, car cela date des années de l’indépendance. Les pères de cette indépendance n’avaient d’autre choix que de s’adosser à Paris pour pouvoir se frayer un chemin dans le concert des nations. Parce qu’on avait besoin de la science et de l’expertise française pour pouvoir démarrer. Ce qui n’était pas une mauvaise chose à condition de pouvoir se désengager au fil du temps afin de voler de ses propres ailes. Mais nos présidents se sont complus dans cette situation laxiste sans maux du continent.
La seconde génération de présidents qui a suivi ne changera rien à la situation et à la donne. Le maître français sera toujours consulté sur tous les problèmes, politiques aussi bien qu’économiques.
Plus tard, la France allait aussi lancer le pavé plus loin en s’incrustant dans nos élections présidentielles, décidant du choix du futur chef d’état qui devrait avoir son aval avant le scrutin.
Des iconoclastes comme ThomaSankara, Kadafi, N’Krumah et Sekou Touré ont essayé de mettre fin à la pratique dans grande réussite. Car leurs successeurs n’ont pu prolonger le combat.
Et pour finir, le continent est devenu un parc à bétail pour les impérialistes français, un territoire subordonné à la France et dont elle use à son gré dans une coopération mal ficelé.
Mais à leur grande surprise, le Mali est en train de se dégager du troupeau à la grande surprise de tous.
Ben Diakité Ladjide alzac
