La Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE 2025) a franchi une nouvelle étape en mettant l’Intelligence artificielle au cœur de ses activités à Bamako. Dans le contexte spécifique de l’année de la culture, un atelier organisé au Centre de formation de l’INPS, a initié une trentaine de participants à la composition musicale associant instruments traditionnels et intelligence artificielle.
Le mercredi, les jeunes réunis à l’INPS ont exploré les possibilités offertes par des outils comme ChatGPT, Suno ou Gemini pour transformer des textes en véritables compositions musicales. Tambours tamani, balafon et goni se sont mêlés aux algorithmes, donnant naissance à des chansons originales célébrant la paix, la réconciliation et la cohésion sociale. L’atelier s’est achevé par un mini-concours, où chaque groupe a présenté ses créations devant un jury, démontrant la capacité de la jeunesse à conjuguer savoir ancestral et innovation numérique.
La dimension pratique a été saluée par Ousmane Karim Coulibaly, directeur général de l’INPS, qui a rappelé que « la richesse des traditions multiséculaires du Mali constitue un levier majeur pour sortir du sous-développement et rapprocher les communautés ». Dans le même esprit, le médecin colonel-major Dr Ousmane Ly, membre de la commission d’organisation, a insisté sur la nécessité de « dompter l’intelligence artificielle pour qu’elle serve nos intérêts et renforce notre culture ».
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre plus large de la SENARE 2025, dont la troisième journée avait déjà été marquée par un atelier à l’IFP-MS2 autour du thème « Voix de la Réconciliation : de la Tradition à l’IA ». Ces initiatives traduisent la volonté des organisateurs de faire de la jeunesse un acteur central de la réconciliation nationale. Plus qu’un simple apprentissage technique, elles représentent un espace de dialogue intergénérationnel, où innovation et héritage culturel s’unissent pour bâtir un avenir commun.
En mobilisant la créativité des jeunes, la SENARE 2025 confirme son ambition de renforcer la cohésion sociale par la culture, tout en explorant des solutions nouvelles adaptées aux défis d’un Mali et d’un Sahel en quête de stabilité et d’unité.
Issa Djiguiba
