Le village incendié, une riposte des forces burkinabè et un exode massif de la population vers Loulouni. Telle est la situation à Nimbougou depuis l’attaque barbare et lâche de groupes armés terroristes.
Le Cercle de Loulouni est en état de choc au lendemain d’une attaque terroriste d’une ampleur sans précédent. Le jeudi 30 octobre, des sources locales rapportent que des centaines de présumés djihadistes ont fait irruption dans la ville de Nimbougou, chef-lieu de la commune, semant la mort et la désolation.
Le bilan provisoire, établi le vendredi, est lourd et s’élèverait à une dizaine de victimes civiles, toutes originaires du village.
Selon les témoignages recueillis sur place, les assaillants, présents dans la zone, depuis plusieurs mois, ont attaqué tout sur leur passage. Des témoins, dont le major du SCOM (Centre de santé communautaire) et le pharmacien de la ville, décrivent des scènes de barbarie.
La victime la plus emblématique est le chef des chasseurs Dozos de la localité, qui aurait été égorgé par les assaillants.
Le major du SCOM a lui-même échappé de peu à la mort. Selon son récit, il a été capturé par les assaillants alors qu’il était caché en ville. Ces derniers l’auraient forcé à leur indiquer où se trouvaient les quartiers généraux ou les rassemblements des Dozos. Le major aurait alors refusé d’obtempérer, prétextant qu’il était lui-même étranger dans la ville. Il n’aurait dû sa survie qu’au fait que certains membres du groupe armé l’ont reconnu et se sont interposés.
En plus des pertes en vie humaines, les dégâts matériels sont considérables. Les assaillants ont méthodiquement incendié tous les magasins et les domiciles des gens, ne laissant que des ruines.
Cette attaque a provoqué une panique totale. La quasi-totalité des habitants de Nimbougou, ainsi que ceux de presque tous les villages de la commune et des localités situées à l’est de Loulouni (proches de la zone d’attaque), ont fui pour trouver refuge au chef-lieu du Cercle. La ville de Loulouni fait face à un afflux humanitaire critique.
Les victimes ont été inhumées, le vendredi à Nimbougou. La cérémonie s’est déroulée dans un contexte sécuritaire exceptionnel, en présence d’une force composée de militaires et de VDP (Volontaires pour la Défense de la Patrie) venus du Burkina Faso voisin, ainsi que de chasseurs Dozos arrivés en renfort depuis Loulouni.
Un affrontement entre cette force de riposte et les présumés djihadistes
Des sources font état d’un « carnage » dans les rangs des assaillants, bien qu’aucun bilan chiffré ne soit disponible pour l’heure. Après l’enterrement, les forces burkinabè et les chasseurs Dozos ont regagné leurs localités respectives, laissant derrière elles une ville fantôme. À l’heure actuelle, Nimbougou et les villages environnants restent vidés de leurs habitants, la population craignant un retour des assaillants.
La situation demeure extrêmement volatile et est suivie de près.
Sadia Camara, Radio Fondara kadiolo
