La Ligue de football du District de Bamako tient désormais son nouveau président. Abdallah Baby a été porté à la tête de l’instance à l’issue de la troisième assemblée générale élective, organisée hier dans un hôtel de la capitale. Cette élection intervient après l’annulation des deux précédentes assemblées remportées par le président sortant Issa Sidibé. Elle nourrit l’espoir d’une sortie durable de la période d’incertitude et de tensions qui a marqué le fonctionnement du football bamakois ces dernières années aujourd’hui.
Le scrutin a opposé Abdallah Baby à Issa Sidibé, dans une atmosphère particulièrement suivie par les acteurs du football de la capitale. Au terme du vote, Baby a recueilli 19 suffrages, contre 15 pour son adversaire. Avant l’ouverture des travaux, le nouveau président s’était montré confiant, estimant que la compétition devait permettre au meilleur de l’emporter dans l’intérêt du football. Les opérations ont commencé à 10 heures avec le contrôle des mandats, avant la présentation des listes et le vote.
Cette troisième assemblée générale intervenait dans un contexte institutionnel délicat. Les deux précédentes consultations, remportées par Issa Sidibé, avaient été annulées par la commission d’appel des élections de la Fédération malienne de football. La nouvelle équipe dirigeante était donc attendue avec attention, beaucoup espérant qu’elle puisse contribuer à ramener la stabilité au sein du football du District de Bamako. L’enjeu dépassait ainsi la seule désignation d’un président, puisqu’il s’agissait également de tourner une page marquée par les contestations répétées récentes.
Le collège électoral comptait 34 suffrages, conformément aux dispositions du code électoral et aux statuts-types des Ligues régionales. Dix-huit voix revenaient aux Districts de football, avec trois délégués représentant chacun des six Districts de Bamako. Les clubs disposaient, eux, de 16 voix, à raison d’un délégué pour chacun des clubs engagés dans le championnat de D2 du District. Pour être élu dès ce scrutin, un candidat devait obtenir la majorité absolue, fixée à 18 voix sur 34 exactement.
Le résultat a finalement consacré Abdallah Baby, qui atteint le seuil requis avec 19 voix. Issa Sidibé en a obtenu 15. Dans ses premières déclarations, le nouveau responsable a tenu à saluer l’expérience de son prédécesseur et à lui proposer de travailler ensemble. Il considère que les années passées par Sidibé au sein de la Ligue constituent une expérience utile. Baby entend notamment s’appuyer sur cette connaissance du football bamakois pour faire progresser l’institution et favoriser son développement durable.
Parmi les priorités annoncées par le nouveau président figure la formation des jeunes catégories. Pour Abdallah Baby, le football des jeunes constitue le socle sur lequel doit reposer l’avenir de la discipline. Il souhaite donc s’atteler rapidement à ce chantier. Cette orientation s’inscrit dans une volonté plus large de faire avancer le football de la capitale après une période agitée. Le président élu affirme également compter sur l’expérience des anciens responsables pour accompagner les changements et contribuer aux progrès attendus.
Du côté d’Issa Sidibé, la défaite a été reconnue par son directeur de campagne et président du District II, Cheick Tidiane Traoré. Celui-ci a toutefois relevé les difficultés liées à la répétition des élections. Il a indiqué que son équipe avait participé pour la troisième fois au processus et qu’elle entendait examiner certains faits survenus durant la séance. Malgré l’issue du scrutin, il a déclaré accepter le résultat, tout en souhaitant que les conditions de ces consultations puissent évoluer à l’avenir.
La commission électorale de première instance de la Femafoot a, pour sa part, défendu son rôle dans l’organisation du processus. Son premier vice-président, Amadou Djitèye, a expliqué que la commission avait simplement appliqué les textes en vigueur. Selon lui, cette structure est chargée d’organiser la mise en place des bureaux et de conduire les opérations conformément à la réglementation. Il a également rappelé que d’autres Ligues régionales étaient déjà engagées dans leur processus d’installation, après celui de Bamako et ailleurs.
Amadou Djitèye a par ailleurs souhaité que cette assemblée élective puisse être la dernière. Il estime que la répétition des contestations pourrait conduire les acteurs à saisir d’autres instances. Selon ses explications, une commission de deuxième instance peut avoir une lecture différente des textes, mais sa décision prévaut dans le cadre prévu. En cas de nouvelles contestations, les parties peuvent encore saisir le Tribunal arbitral du sport, une perspective que le responsable électoral juge peu souhaitable pour la stabilité du football bamakois.
Avec l’élection d’Abdallah Baby, la Ligue de football du District de Bamako ouvre donc une nouvelle étape. Le nouveau président devra désormais transformer cette victoire électorale en actions concrètes, notamment en direction des jeunes catégories. Son appel à la collaboration avec Issa Sidibé traduit également la volonté de dépasser les clivages nés des précédentes consultations. Après plusieurs épisodes institutionnels mouvementés, l’enjeu sera surtout de consolider la légitimité de la nouvelle équipe et de permettre au football bamakois d’avancer dans un climat plus serein.
Ibrahim Kalifa Djitteye
