Les tensions au Moyen-Orient ont dépassé un nouveau palier le matin du samedi 28 février, après des frappes militaires menées par les États-Unis et Israël contre des cibles situées en Iran. Face à cette escalade, l’Union africaine (UA) et la Russie ont exprimé de vives préoccupations, appelant à une désescalade urgente et au respect du droit international.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé « sa profonde inquiétude » face aux frappes visant la République islamique d’Iran. Dans un communiqué publié samedi, il a estimé que ces opérations « signalent une grave intensification des hostilités au Moyen-Orient » et a exhorté « toutes les parties à agir conformément au droit international et à la Charte des Nations unies afin de préserver la paix et la sécurité internationales ».
Le président de la Commission a appelé à « la retenue, à une désescalade urgente et à un dialogue soutenu », soulignant qu’« une paix durable ne peut être obtenue que par la diplomatie et non par la force ». Il a également mis en garde contre les répercussions globales d’une nouvelle escalade, évoquant des impacts possibles sur les marchés énergétiques, la sécurité alimentaire et la résilience économique, notamment en Afrique, où les conflits et les pressions économiques restent préoccupants.
L’UA a enfin encouragé le recours aux efforts de médiation internationale en cours, facilités notamment par le Sultanat d’Oman, afin d’éviter une détérioration supplémentaire de la situation.
Moscou dénonce une « agression armée »
De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a fermement condamné les frappes, les qualifiant d’« acte d’agression armée préalablement planifié et non provoqué » contre un État souverain membre de l’ONU. Dans un communiqué officiel, Moscou estime que le déploiement militaire américain dans la région avant les frappes « ne laisse aucun doute » sur la préparation en amont de l’opération. La Russie dénonce également le fait que ces attaques aient été menées « sous couvert d’un processus de négociation relancé ».
Les autorités russes appellent la communauté internationale, y compris la direction de l’ONU et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à formuler « une évaluation objective et sans compromis » de la situation. Moscou exprime par ailleurs des inquiétudes quant aux conséquences pour le régime mondial de non-prolifération nucléaire, dont le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) constitue la pierre angulaire. Les bombardements d’installations nucléaires placées sous les garanties de l’AIEA sont jugés « inadmissibles ».
Ces développements marquent une nouvelle montée des hostilités au Moyen-Orient, région déjà fragilisée par des conflits prolongés et des rivalités géopolitiques persistantes. Alors que Washington et Tel-Aviv justifient leurs actions par des préoccupations sécuritaires, Téhéran dénonce une violation flagrante de sa souveraineté.
KD
